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| Lorsqu’il entre en service en 1938,
le Hurricane n'est pas un avion totalement nouveau. Sa parenté avec
le biplan Hawker Fury est évidente (les deux avions ont été conçus
sous la direction du même ingénieur, Sidney Camm). Comme sur le Fury,
la partie arrière du fuselage et la voilure font appel à une structure
métallique entoilée. En rupture avec les chasseurs précédents, le Fury était doté d’un moteur Rolls Royce en V, refroidi par eau. Le Hurricane conserve cette formule, qui permet de réduire la surface frontale, et, en règle générale, dissipe mieux la chaleur qu’un moteur refroidi par air. Le Hurricane présente cependant deux innovations majeures : c'est un monoplan, et le train d’atterrissage est escamotable.Le prototype prend l’air le 4 novembre 1935. L’appareil ne dispose encore que de l’hélice
bipale Watt en bois, à pas fixe. Le moteur est un V12 Rolls Royce
Merlin (Tous les moteurs à
pistons de Rolls Royce portaient des noms d’oiseaux de proie) de Grâce à un compresseur mécanique, le plafond atteint 11 000 mètres.
Il est armé de 8 mitrailleuses Browning de calibre .303. Le Ministère
de l’air passe une commande de 600 appareils le 3 juin 1936. Le premier
appareil de production vole le 12 octobre 1937. En janvier 1938, un
premier escadron de la RAF est opérationnel. A la fin de l'année,
environ 200 Hurricane sont en service. |
Le Hurricane démontra sa redoutable efficacité pendant la bataille
d’Angleterre, abattant entre juillet et octobre 1940 les 4/5e
des avions ennemis. En principe, Spitfires et Hurricanes se partageaient
la tâche : les Spitfire étaient envoyés contre les chasseurs allemands,
principalement les Messerschmitt Bf 109, tandis que les Hurricane
s’attaquait aux bombardiers. Dans la réalité, la RAF ne disposait
pas d'un nombre suffisant de Spitfire pour n'affecter les Hurricane
qu'à la destruction des bombardiers. Le Hurricane fut souvent opposé
au Messerschmitt et, bien que théoriquement surclassé, conservait
ses chances entre les mains d'un pilote expérimenté. Si le Spitfire
reste le chasseur emblématique de la bataille d’Angleterre, le Hurricane
en est l’artisan majeur : 1715 appareils ont pris part au combat,
soit plus que tous les autres types de chasseurs réunis. |
![]() la photo fait apparaître le procédé de fabrication : entoilage sur des tubes métalliques |
Les premiers Hurricane ont cependant quelques défauts, qu'il faut
corriger rapidement. Le Hurricane est beaucoup plus rapide que le
Fury : avec la vitesse, l'entoilage des ailes se distend entre les
membrures. On les remplace par des ailes métalliques. L'hélice cumule
les inconvénients d'une bipale et celle d'un pas fixe. Elle est remplacée
par une hélice tripale en métal, à pas variable (2 pas) puis par l'hélice
Rotol à vitesse constante. Les Spitfire connaîtront la même évolution : hélice tripale puis quadripale
à pas variable. Les ultimes développements du Spitfire conduiront
à adopter des hélices à 5 pales, ou même des hélices contrarotatives,
qui annulent l'effet de couple.
Parmi les autres modifications mineures, il faut noter l'installation d'un blindage derrière le siège du pilote, et l'adoption d'un pare-brise à l'épreuve des balles. |
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Contrairement au Spitfire, Le Hurricane ne sera pratiquement pas modifié entre 1940 et 1945. Il recevra juste un moteur plus puissant (Merlin XX de 1280 cv), une nouvelle hélice, et des équipements lui permettant de s’adapter à des missions sans cesse plus variées : on verra le Hurricane bombardier lors du débarquement de 1942 à Dieppe, chasseur de nuit, chasseur de tanks au Moyen Orient, appareil d ‘observation, chasseur embarqué. Il recevra selon les cas des points d’encrage pour des bombes ou des réservoirs larguables, des canons au lieu de mitrailleuses, et même des skis pour pouvoir opérer sur la neige et la glace. Certains exemplaires seront convertis en Sea Hurricane, avec points d’ancrage pour catapulte et crochet d'appontage. |