Opel Kadett type B

On peut aimer à la fois les grandes Jaguar et les petites Opel
OPEL Kadett type B Caravan
Kadett n° série 39 9631072
Opel Kadett type B Caravan
Peinture : Artic White, acrylic 416 RR 647

Apparue fin 1965, l'Opel Kadett type B ne renie pas sa parenté étroite avec le type A. C'est dire qu'elle ne brille pas par son originalité. Sur le plan technique, elle présente un retard évident sur certaines concurrentes comme la Peugeot 204. Dans la tradition de General Motors, elle se décline d'emblée en de nombreuses variantes, proposant un large choix de carrosseries et de motorisations : berlines 2 et 4 portes, coupés, breaks 3 et 5 portes. Dans leur catégorie, les Kadett sont spacieuses et la présentation est coquette, du moins dans la finition "Luxe" : moquette, simili-cuir à profusion, allume-cigare, décor en faux bois d'un goût douteux sur le tableau de bord, baguettes chromées. Le lave-glace n'a pas de pompe électrique. C'est une sorte de "poire en caoutchouc" à pied qui l'actionne, et ça marche ! Les Kadett Rallye arborent tous les attributs extérieurs de la voiture sportive : jantes larges, instrumentation complète, volant sport, projecteurs additionnels, et même une peinture noir mat sur le capot, censée éliminer les reflets.

J'ai conduit notre Kadett alors que mon père venait de l'acheter, en janvier 1972 (mes parents possédaient aussi une Opel Rekord 1900). Au volant, la Kadett ne pouvait guère éblouir : les performances étaient modestes (du moins avec le moteur 1.1 ), et c'était fort heureux, car le comportement routier était pour le moins perfectible. Le freinage sur le mouillé exigeait même un certain doigté... On trouvait alors chez d'autres constructeurs des voitures de même catégorie, de conception plus moderne, qui offraient bien plus de plaisir de conduite. Mais les prix étaient séduisants, l'esthétique agréable, et la réputation de robustesse d'Opel achevait de séduire la clientèle. Atout supplémentaire, l'Opel Kadett était une des rares voitures de cette cylindrée à proposer une vraie transmission automatique. Depuis 1972, je n'ai jamais cessé de conduire la Kadett, de façon occasionnelle mais parfois pour de longs trajets. Aujourd'hui, mon opinion n'est plus la même. Les défauts d'autrefois sont devenus des qualités. La rusticité est devenue simplicité. On retrouve avec plaisir une voiture que l'on peut entretenir soi-même. On ne redoute pas ces pannes sournoises d'électronique qui vous laissent au bord de la route, attendant le remorquage. On se reprend à conduire en faisant attention à la mécanique, en se méfiant des pertes d'adhérence d'un train arrière sautillant, en dosant avec application son freinage (il ne faut pas s'attendre, avec les 4 petits tambours à l'efficacité des gros disques ventilés d'une XJ). Les vitesses passent en douceur, mais il vaut mieux ne pas brutaliser la boîte : à mon avis, le double-débrayage ne peut pas faire de mal, tant que l'huile n'est pas chaude. Pour les petits gabarits, les sièges, avec dossier inclinable, sont assez confortables. Par temps froid, le chauffage est d'une efficacité remarquable. L'été, les bouches d'aération du tableau de bord diffusent de l'air prélevé directement sur l'extérieur et la voiture est bien ventilée. J'ai remplacé les ampoules traditionnelles par des ampoules à iode, de sorte que la nuit, l'éclairage est désormais largement suffisant, et j'ai installé des ceintures de sécurité à enrouleurs. Un petit inconvénient : la lunette arrière n'est pas dégivrante, mais ce n'était pas si fréquent à l'époque.

Bien qu'étant une voiture "qui roule", notre Kadett n'est pas loin de l'état "concours".

La Kadett est légère certes (moins de 800 Kg), et si le petit moteur fait de son mieux, il ne faut pas trop le solliciter. Sur route à 90 Km/h, il ronronne joyeusement. Sur l'autoroute, il faut savoir se modérer : au-delà de 110 Km/h, il devient excessivement bruyant (et gourmand). En ville, ou pour effectuer de courts trajets, la Kadett est l'engin idéal. Elle consomme peu, et ne coûte presque rien à l'entretien. On trouve toutes les pièces de rechange sans difficultés sur Internet ou chez Opelmania. Grâce au faible poids et aux pneus étroits, la direction sans assistance reste légère. Le break réserve un espace de chargement surprenant pour une aussi petite voiture.
Et la Kadett attire les regards. Ce ne sont jamais des regards d'envie ou d'hostilité, mais toujours des clins d'oeil de sympathie, des jeunes et des moins jeunes.

Blanche à l'extérieur, rouge cerise à l'intérieur, la Kadett offre une ambiance claire et gaie, totalement différente de celle des véhicules modernes, dans lesquels le noir rivalise avec le gris antrhacite.

La Kadett type B a été suivie par la type C, ci-dessus, qui achève la série des Kadett à propusion. Le type D adopte la traction avant.

L' huile moteur : le moteur de la Kadett B est un moteur des années 60. Les huiles de synthèse, conçues pour les moteurs modernes, sont trop fluides et ne conviennent pas.  À  mon avis,  une bonne minérale (ou semi-synthétique)  20W-50, avec une vidange tous les 5000 Km, comme autrefois, sera la meilleure solution. En théorie, il faut toujours mettre de l'additif dans l'essence. En pratique, pour qui roule très occasionnellement, à condition de ne pas dépasser 2500/3000 tours de façon prolongée, on doit pouvoir s'en passer : les sièges de soupapes sont protégés par le dépôt qui s'est fait au cours des trente premières années, et qui ne va pas disparaître de si tôt.

Le schéma électrique
Légende du schéma électrique
Les moteurs 11, 11S, 11SR (carnet du propriétaire, p. 66)