La
question est de savoir si l'on peut utiliser régulièrement une "classique"
britannique, c'est à dire une voiture âgée d'au moins vingt ans, qui
n'est plus en fabrication, et dont le constructeur a presque toujours
disparu. La réponse est : oui !
Sur les modèles
les plus récents, la quantité d'électronique embarquée est telle que
bien souvent, seul un concessionnaire ou un agent de la marque disposant
à la fois de la documentation et du matériel nécessaires (la station
de diagnostic) peut effectuer réglages et réparations. Sur des voitures
âgées de vingt ans et plus, l'électronique se réduit à peu de choses,
et tout bon professionnel est capable d'intervenir. L'entretien courant
est à la portée du bricoleur, le seul problème étant celui de la disponibilité
des pièces de rechange.
Les
avantages de la voiture anglaise
L'intérêt pour les "classics" est très développé en Angleterre. Il
existe par conséquent un marché important, qui justifie le maintien
de références anciennes chez les équipementiers, la refabrication
de pièces aux spécifications d'origine par des spécialistes, et la
constitution de réseaux de distributeurs indépendants de pièces d'occasion,
de pièces neuves d'origine, ou de pièces en refabrication . Qui plus
est, il existe une concurrence entre les différents réseaux, de sorte
que les prix sont habituellement très raisonnables. La plupart des
pièces peuvent être commandées en ligne sur Internet. Les frais de
port sont modérés : compter £ 15 pour un colis de 5 kg provenant d'Angleterre.
A cela s'ajoute les avantages inhérents au mode de construction de
ces voitures : il est presque toujours possible de ne changer qu'un
élément d'un ensemble, et non la totalité (par exemple un simple élément
de pare-choc, et non l'ensemble moulé tout d'une pièce comme sur un
véhicules moderne). Comparez le prix du remplacement d'un phare rond
des années 60 avec celui des optiques contemporaines ou le coût d'un
changement d'un pare-brise "à l'ancienne" avec celui d'un pare-brise
collé...Voir les bonnes adresses à la rubrique "automobile" de la
page shopping.
Pour ce qui
est de l'aménagement intérieur, plus la voiture est ancienne, et moins
on rencontre de formes tarabiscotées avec des moulages en matériaux
synthétiques. Des artisans peuvent soit travailler à la demande, ou
produire en petite série garnitures, tableaux de bord, tapis, capotes
etc.
Il existe
en Angleterre une multitude de petites et moyennes entreprises spécialisées
dans la remise en état de divers organes : transmissions, suspension,
carburateurs, dynamos, démarreurs, freinage, et bien entendu moteurs.
On trouvera même des ateliers capables de remettre en l'état d'origine
des autoradios à lampes.
Rouler au sans plomb
Acheter
une voiture d'origine britannique ?
Certains
modèles n'ont jamais été importés en France, ni même ailleurs. Il
faut se résoudre à acheter une voiture d'origine britannique, avec
la conduite à droite - c'est tout de même peu commode, surtout aux
barrières de parking et aux péages d'autoroute - . Dans tous les autres
cas, il est préférable d'acheter une voiture qui a été régulièrement
importée sur le continent, avec la conduite du "bon côté". Il faut
alors se résoudre à payer beaucoup plus cher, car certains véhicules
courants en Grande-Bretagne, et assez bon marché, sont ici des raretés
prisées : la XJS V12 par exemple. On peut trouver sur E bay des modèles
à conduite à gauche vendus en Angleterre à des prix intéressants pour
les raisons que l'on comprend. On trouve aussi parfois des LHD chez
des garagistes anglais sérieux, voitures ramenées par des Britanniques
expatriés. Cependant, la décote que subit une voiture à conduite à
gauche sur le marché britannique est peu importante pour les modèles
les plus recherchés. Le prix d'une type E en parfait état ou d'une
DB5 sera peu affecté par la conduite à gauche : ces véhicules n'étant
pas appelés à être utilisés au quotidien, encore moins pour faire
ses courses dans les centres commerciaux, le volant du "mauvais" côté
est un inconvénient secondaire.
Que penser des US imports ? Ce sont en général des conduites à gauche,
que l'on prétend exempts de corrosion, notamment si la voiture vient
de Californie. S'il est vrai que le climat très sec d'états tels que
l'Arizona ralentit l'apparition de la rouille, la Californie n'est
pas une garantie : les brumes de San Francisco valent bien le climat
de la Grande-Bretagne. Le soleil ardent, l'amplitude des températures,
la chaleur extrême des régions désertiques ne sont pas
tendres pour les intérieurs et les caoutchoucs. Les modèles d'importation
peuvent être affublés de pare-chocs aux normes américaines, particulièrement
laids. Attention aussi aux normes anti-pollution, qui sont apparues
plus tôt qu'en Europe : toute la vivacité d'un petit roadster peut
disparaître. On se retrouve alors au volant d'un taxi diesel. L'éclairage,
enfin, peut ne pas être aux normes européennes.
Ne
pas craindre les modèles de prestige
Le
coût d'entretien n'est pas obligatoirement prohibitif. Il est évident
qu'une Bentley revient plus cher qu'une Ford Escort, mais il existe
en Angleterre des fournisseurs qui permettent d'entretenir et de réparer
des voitures de luxe à moindre coût : pièces d'occasion, pièces reconditionnées,
pièces refabriquées par des fournisseurs indépendants, kits de rénovation
etc. Le suivi de ces voitures est excellent. Malheureusement, lorsque
l'on doit remettre à neuf un intérieur, on se heurte au coût de la
matière première et de la main-d'oeuvre qualifiée : le cuir, le lambswool,
les plaquages de bois précieux, le velours de laine, n'ont jamais
été bon marché. Plus originale que la Rolls : la Daimler
DS420 Limousine (et sur le site une page complète sur la
Daimler de la Reine-Mère). Cependant, même si l'on roule
peu, la consommation peut être à considérer. Les
données disponibles (le guide d'achat de Practical Classics
par exemple), sont exprimées en miles per gallon. Il
suffit de diviser 282 par le nombre de mpg pour obtenir la consommation
en litres aux 100 Km. 28,2 mpg correspond par exemple à
10l/100 Km.
Ne pas se fâcher avec le concessionnaire de la marque
C'est
vrai que les concessionnaires pratiquent des tarifs prohibitifs, surtout
en matière de main-d'oeuvre. C'est également vrai que le personnel
n'y est pas nécessairement plus compétent qu'ailleurs. Un spécialiste
indépendant, qui se consacre depuis un quart de siècle à un seul constructeur,
voire à un seul modèle, est largement aussi qualifié que le personnel
d'une concession qui change de marque tous les 5 ans. Cependant, le
jour viendra fatalement où vous devrez faire appel à ses services
pour obtenir la pièce rare, ou le code de l'auto-radio monté d'origine...
La prudence consiste à entretenir des relations peut-être distantes,
mais néanmoins courtoises avec lui, et en tout cas, à éviter de faire
un scandale en le traitant d'escroc à la première occasion.
Profiter
de la disponibilité des pièces
Une
extraordinaire disponibilité de pièces de toute nature (mécanique,
carosserie, garnitures intérieures etc...) pour tous les cabriolets
des années 60 à 80 (Triumph, MG), ou pour la plus populaire des classiques,
la petite Morris Minor. On peut même acquérir des carosseries complètes
en refabrication, et se construire une MG neuve à partir de pièces
détachées ! C'est également vrai pour d'autres modèles emblématiques,
tels que la type E ou la XK 120.
Pour les distributeurs de pièces et accessoires, voir la rubrique
automobile sur la page shopping.